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de profundis
A première vue, ce titre pourrait suggérer une oeuvre de musique sacrée; il a cependant été choisi avant tout pour des raisons profanes. «de profundis» fait allusion aux instruments utilisés dans cette composition, instruments dont le registre va de grave à très grave: violoncelle, clarinette contrebasse (dont les sons peuvent atteindre les notes les plus basses du clavier d'un piano), ainsi que la percussion qui met en valeur des instruments profonds (Tam-tam, gongs) et prennent une importance particulière.

La «couleur» de la composition est donc préétablie par cette instrumentation peu commune. De surcroît, ce trio est riche de par ses nombreuses combinaisons instrumentales dans lesquelles les sons se mélangent et s'entrecroisent d'une manière souvent difficile à analyser par l'écoute. Là encore, la recherche de sonorités, de couleurs variées et raffinées est d'une importance capitale.

«de profundis», comme la plupart de mes compositions des dernières années, est également une musique aux évolutions lentes, parfois presque tenaces. Les différentes phrases musicales, semblables à des respirations plus ou moins longues, s'y entrechaînent de façon organique et constituent une structuration formelle non architecturale, mais plutôt végétative. La tendance vers les développements à longue haleine, vers les phrases de plus grande envergure, peut être remarquée en de nombreuses sections de la composition.

La musique de «de profundis», tranquille, silencieuse, souvent presque méditative et retenue dans son caractère prédominant, n'exclut toutefois pas certaines éruptions lentes dans la nuance «forte» et dans des domaines qui pourraient presque être qualifiés de dramatiques.

Le trio «de profundis» a été composé en 1988/89, sur commande de la Ville de Bienne. L'oeuvre m'a été suggérée par trois musiciens-interprètes. Je l'ai écrite pour eux. Il s'agit de Walter Grimmer (violoncelle), Elmar Schmid (clarinette contrebasse) et Isao Nakamura (percussion). La création de cette oeuvre a eu lieu le 8 juillet 1989, à l'occasion d'un concert de la «7e Académie d'Eté de Bienne».

Hans Ulrich Lehmann, Revue "TROU" VII, Editions de la Prévôté, Moutier (1990) CD Jecklin Disco JD 689-2